Bonjour à tous et bienvenue dans ce nouveau billet. Aujourd’hui, j’ai envie de vous partager une tranche de vie très personnelle et de vous parler de mon état d’esprit du moment.
Depuis deux ou trois semaines, j’ai drastiquement réduit ma consommation de réseaux sociaux. Le soir, je m’éloigne de plus en plus de mon ordinateur. Avant, je terminais ma journée de travail pour en enchaîner immédiatement une autre sur ma chaîne YouTube. Aujourd’hui, je dis stop. Je m’impose de nouvelles règles : plutôt que de « binge-watcher » une série, je lis. Je m’oblige à retrouver une bonne hygiène de vie. Et très franchement ? Ça va beaucoup mieux. Parce qu’il faut que je vous l’avoue : il y a quelques semaines, ça n’allait pas du tout.
Le tsunami de l’IA et l’anxiété professionnelle
Je travaille dans l’informatique. Vous n’êtes pas sans savoir que l’intelligence artificielle est en train de tout chambouler. Chaque jour, chaque heure, chaque minute amène son lot de nouvelles. Il faut constamment faire le tri entre le simple bruit médiatique, les fausses promesses et la réalité.
J’en parlais récemment avec ma notaire, et je lui disais qu’à mon avis, les 10 à 15 prochaines années allaient être cataclysmiques pour notre secteur. Je ne suis plus tout jeune, je devrais pouvoir tirer mon épingle du jeu d’ici la fin de ma carrière. Mais quand je pense aux jeunes qui sont à l’université en ce moment ou qui envisagent d’étudier en informatique… honnêtement, je leur dirais de bien réfléchir à leurs choix. La pression qui arrive est immense.
On compare souvent cette période à l’arrivée d’Internet. Quand Internet est entré dans les foyers, les gens sont devenus curieux. Lorsqu’ils arrivaient au travail, ils nous challengeaient : « Je veux que mon application fasse ceci, je veux que mon site fasse cela. » L’informatique à domicile a poussé les informaticiens des années 2000 à se dépasser par rapport à ceux des années 80.
Aujourd’hui, la dynamique est complètement différente. Les gens ne nous « poussent » plus ; la technologie les rend autonomes. Il n’est pas rare de voir des gens arriver et dire : « J’ai développé mon app, j’ai créé mon site. » Et dans quelques mois, ce sera : « J’ai développé mes propres agents IA. »
Démocratisation technologique vs. Pression sur les experts
J’écoutais récemment un podcast qui parlait du concept d’entreprises comme Nanocorp : la possibilité de créer des micro-agents autonomes, de leur donner accès à une API ou une carte de crédit, de les relier à un compte Stripe, et de les laisser générer des boutiques et des ventes automatiquement.
D’un côté, c’est extraordinaire. C’est une démocratisation de l’informatique sans précédent. De l’autre, cela met une pression folle sur les professionnels. Depuis les années 2010, notre métier s’était incroyablement complexifié, créant le besoin d’avoir des hyperspécialistes. Aujourd’hui, on dirait que la courbe s’inverse brutalement. Aurons-nous encore besoin d’autant d’experts ?
Bien sûr, je garde espoir. Nous sommes en plein dans le pic de la « hype ». L’intérêt redescendra un peu, mais cette accessibilité technologique (notamment via les LLM) est là pour rester. Oui, ces modèles font encore des erreurs, mais ils vont s’améliorer.
Le cercle vicieux et le besoin de déconnecter
Toutes ces réflexions m’ont doucement poussé dans un climat très anxiogène. Et pour couronner le tout, sur YouTube – qui était mon espace de création et d’amusement – j’ai commencé à attirer des commentaires et des abonnés malveillants.
Le piège s’est refermé : d’un côté, l’anxiété professionnelle face à l’IA ; de l’autre, la perte de mon refuge créatif. J’ai tout simplement perdu le plaisir de créer au cours des dernières semaines.
Il y a quelque chose qui a cassé – ou plutôt, quelque chose qui s’est déclenché en moi. J’ai ressenti un besoin vital de revenir aux fondamentaux.
Ma santé mentale n’a pas de prix
J’ai décidé de ralentir la cadence. J’ai une vidéo qui sortira ce vendredi (et j’ai eu beaucoup de plaisir à la faire !), mais je vais lever le pied pour les semaines à venir. Si je perds des abonnés, ce n’est pas grave. Ma santé mentale, elle, n’a pas de prix. Et ma famille non plus.
Pour ceux qui me suivent de plus près, vous avez sûrement remarqué que je suis beaucoup moins présent sur les réseaux sociaux. C’est délibéré. Je m’impose de prendre le temps de « panser mes plaies » (même si le mot est fort) et de réfléchir. Je suis revenu à ce qui me fait du bien : une bonne hygiène de vie, de bonnes nuits de sommeil, et l’écoute de podcasts audio. J’avais arrêté d’en consommer, et je me rends compte à quel point cela me manquait.
Ne vous inquiétez pas, tout va bien. Je voulais simplement vous partager cette tranche de vie en toute transparence. Et comme on dit : « Un fou qui sait qu’il est fou est pas mal moins fou qu’un fou qui ne sait pas qu’il est fou ! »
Prenez soin de vous. On se retrouve bientôt. Ciao ciao !
Prend le temps, le nombre de vidéos journalières est devenu totalement dingue, surtout depuis la traduction automatique, la qualité et le plaisir sont primordiales. La bise de la part d’un auvergnat qui te suit depuis bien longtemps.
Merci infiniment pour ton commentaire !
Je crois que beaucoup d’entre nous ressentent ce que vous dites. Parfois avec de l’humour.
https://youtu.be/wxgzrxyCVxU?is=LBYcbLV8NLQCCwrN
Ahahah 🤣, très bon. D’ailleurs, Guillaume Meurice n’a pas été mis à la porte de son émission ?
Bonjour, Matt
Je ne suis qu’à moitié auvergnat, mais je suis d’accord avec Bertrand.
Noël, c’est une fois par an (idem pour les anniversaires et les autres fêtes) et l’attente est primordiale – personnellement, j’attends Noël à partir du 26 décembre…
Si Noël était tous les jours, il deviendrait banal, non ?
Patienter pour voir tes post, tes vidéos, c’est ajouter du piment (ou tout autre épice, je ne suis pas sectaire) à ma recherche des “trucs et astuces“ sur le net et je ne suis sans doute pas le seul à penser comme ça.
Tu as une famille, un job, ne laisse pas notre envie de consulter ton blog te bouffer.
Et la qualité doit primer sur la quantité.
C’est uniquement mon avis, mais ceux qui ne sont pas contents n’ont qu’à aller se faire cuire une potée !
En effet, le plaisir est aussi dans l’anticipation. C’est comme préparer un voyage, le plaisir c’est aussi (parfois surtout) en le préparant.
Pensez à votre bien être: personne ne le fera à votre place, et vous avez bien raison. Cela reste un plaisir de vous écouter et vous lire, peu importe si vous le faites moins souvent. Moi même j’aimais l’informatique mais j’aime de moins en moins son évolution… Prenez le temps de profiter de la vie 😉 vous avez tout à fait raison.
Merci pour votre commentaire. Je pense que l’informatique n’est plus réservé à un groupe d’informaticiens et c’est largement politisé aussi. Et c’est p-e une piste sur le « pourquoi on l’aime moins ». 🙂
Exactement avant on pouvait couper 15 jours sans que rien ne se passe, aujourd’hui on ne peut même pas couper une journée, du moins on le peut mais par peur de louper quelque chose ou de ne pas être le premier à en parler on ne veut pas couper, la santé doit passer avant tout, la famille, le sport, l’hygiène de vie, tu as tout résumé.