J’ai toujours eu la technologie dans le sang. L’innovation, les lancements, l’excitation d’être parmi les premiers à défricher… c’est ce qui me fait vibrer. Mais je dois vous faire un aveu : en ce moment, je ressens une profonde fatigue intérieure. Je ne sais pas si c’est l’âge, la saison, ou simplement le rythme effréné de notre époque, mais quand je m’arrête pour observer mon quotidien, un vertige s’installe.
Je baigne dans l’intelligence artificielle tous les jours. C’est non seulement une passion, mais c’est aussi le cœur de mon métier. Pourtant, le dilemme que je traverse aujourd’hui est réel : mon désir instinctif de tout suivre se heurte de plein fouet à mon besoin grandissant de sérénité.
Pour vous donner une idée, je travaille beaucoup avec Opencode ces temps-ci. L’outil est fascinant, mais je vois parfois passer deux à trois mises à jour par jour. Littéralement. Je n’arrive plus à suivre. Le fameux FOMO (Fear Of Missing Out, la peur de rater quelque chose) s’empare de moi à chaque notification. Entre le rythme effréné, les annonces quasi quotidiennes, les soubresauts incessantes de l’industrie technologique en général, j’ai l’impression d’essayer de boire à une lance à incendie.
Sur le plan professionnel, cette accélération devient étourdissante. Les organismes me font confiance pour les aider à naviguer dans ces eaux complexes. Mais comment continuer à les guider avec assurance quand j’ai moi-même l’impression que le sol se dérobe sous mes pieds et que tout bouge à la seconde ?
Et puis, il y a la maison. En tant que père, je regarde mes deux garçons grandir et je ressens ce besoin viscéral de bien les préparer au monde de demain. Ce monde sera forgé par l’IA, c’est une certitude. Alors, je veux m’abreuver de chaque étude, de chaque analyse pour être sûr de bien les conseiller sur leur avenir. Mais ironiquement, cette surconsommation d’information finit par brouiller ma vision. À trop vouloir maîtriser ce qui s’en vient pour eux, je finis par me sentir complètement dépassé.
Peut-être qu’il est temps d’accepter qu’on ne peut pas tout lire, tout tester, ni tout anticiper. Peut-être que la véritable innovation, en ce moment, c’est d’apprendre à fermer quelques onglets pour préserver notre paix d’esprit. Je ne tourne pas le dos à ma passion, bien au contraire. Mais je dois réapprendre à marcher dans ce monde numérique, plutôt que de m’épuiser à y courir.
Courage !!
Merci Mathieu !
Salut Mat’
Ce que tu vis nous sommes nombreux l’avoir vécu. Dans mon équipe ne pas être à jour suffit à se sentir out ! Le problème c’est que depuis 2 ou 3 ans tout accélère, tout est urgent, important, révolutionnaire … Pour sortir la tête de l’eau il faut admettre qu’être à jour à 100% n’est plus possible, il faut s’adapter à ce nouvel environnement informationnel qui ne ralentira pas avant bien longtemps.
Du courage d’un abonné Français 🙂
sysoms
Salut Sysoms ! Un grand merci pour ton message et ton soutien. Tu as malheureusement complètement raison, le rythme est devenu insoutenable si on essaie de tout suivre. Mais comment bien aider ses enfants dans ce monde ?
En passant, c’est très rassurant de voir que je ne suis pas le seul à ressentir ça. Tu es dév ?
Je retrouve beaucoup le “moi” d’il y a un mois dans ton post.
Perso, j’ai calmé le truc quand je me suis rendu compte que les outils que j’utilisais me suffisaient.
Je vais attendre 1 trimestre pour regarder si je dois faire évoluer ma stack.
Après tout, 3 mois, ce ne sera pas dur à rattraper et j’aurai l’avantage de n’intégrer que des process un peu matures.
Et surtout, ça me permet de bien m’approprier les outils que j’utilise plutôt que de courir après chaque nouveauté comme un chien derrière une voiture.
Donc je développe une vraie efficacité tout en gardant l’esprit serein.
PS : je suis dev fullstack sur de l’application professionnelle
J’adore ton approche de temporiser pendant un trimestre ! Mais du coup, ça ne fera pas une montagne à rattraper dans 3 mois ? Remarque si c’est le prix pour ne pas devenir complètement épuisé et cinglé on pas vraiment le choix… C’est un super conseil pragmatique que je vais essayer d’appliquer. Merci !
Mec :
• Primo tu ne peux pas tout maîtriser car c’est fatigant et cela devient très vite usant nerveusement.
• Deuxio, il faut accepter de lâcher prise.
Cela ne veut pas dire que tu te relâches ou que tu deviens nul.
Non C’est primordial pour ta santé mentale.
• Pour les notifications:
il faut que tu passes du lecteur passif ( tu subis en sautant sur chaque notification des qu’elle arrive ) au lecteur actif ( tu ne les consultes que lorsque tu le décides, style 1 fois toutes oes 2h ou uniquement lorsque tu termines une tâche ).
• Tertio pour le FOMO te prends pas la tête, je pense que professionnellement parlant t’es pas mal, ce n’est pas parce que tu vas sauter quelques infos que la qualité de ton travail ou ta réputation seront remises en question.
• Quatro : tes clients veulent juste être accompagnés, tous ne sont pas dans des domaines demandant une qualité d’information des plus pointues.
Beaucoup ne demandent qu’à mieux comprendre pour adopter une façon de travailler avec l’iA plus sereine et harmonieuse.
Je pense que rares sont les clients hyper exigeants demandant une connaissance hyper poussée, avec les dernières nouveautés à la minute.
• Cinco : tes fils ont la chance d’avoir un père qui souhaite les armer de la manière la plus optimale qui soient face au monde qui les attends.
Vas y progressivement le temps qu’ils aient pour absorber ce que tu leur apprends.
Certes ils apprennent vite mais ne leur transmet pas cette frénésie, ce FOMO.
Transmets leur juste assez et allumé en eux leur curiosité intellectuelle. Une fois que tu auras fait cela, ne t’en fais pas : ils se construirons leur propre savoir.
et tu n’interviendras plus que comme guide et facilitateur.
Ce sera moins fatigant mais tout autant excitant.
Voilà les quelques conseils que je puisse te donner à mon humble niveau.
Prends soin de toi mec, la santé est ce qu’il y a de plus important.
Sans elle on est rien et rien n’est possible.
Wow, merci du fond du cœur pour ce message. Ça m’a franchement fait allumer. C’est frappant comme conseil, et ce que tu dis sur mes fils m’a particulièrement touché, je n’avais pas réalisé que j’étais littéralement en train de leur transmettre mon propre FOMO, au lieu de simplement éveiller leur curiosité comme tu le dis si bien.
Pour ce qui est des clients, tu as 100% raison. D’ailleurs, c’est exactement la posture que j’adopte en ce moment. Pour mieux les accompagner, je leur dis clairement que ceux qui se ruent sur le tout-IA aujourd’hui sont ceux qui essuient les plâtres. Je leur explique que la meilleure des stratégies, avant même de rêver d’hyper-automatisation, c’est d’abord de nettoyer leurs données et de bien posséder leurs processus actuels.
Bonjour super témoignage, le probleme c’est qu’avant on pouvait couper 15 jours sans probleme et il ne se passait rien, aujourd’hui tu coupes 2 jours tu loupes plusieurs news, c’est problématique on a l’impression que l’on va être en retard, mais franchement est ce vraiment important, je suis consultant en nouvelles technologies, formateur et dépanneur, j’ai même terminé une BD avec l’aide de l’IA, je m’aperçois qu’il faut accepter de prendre du recul, et effectivement moi aussi j’ai des clients qui ne voient que par l’IA et ne se tournent vers moi que si vraiment ils n’y arrivent pas.
C’est ma crainte, car en plus du tourbillon de l’actualité, j’ai la peur réelle de perdre mon emploi. C’est fascinant pour le curieux en moi, mais effrayant pour le professionnel. En résumé, il est essentiel de prendre du recul, tout en sachant anticiper un avenir qui ne me paraît pas très réjouissant.